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Politique

FETE DE L’INDEPENDANCE Le Mali célèbre ses 60 ans




Le Mali a accédé à son indépendance le 22 septembre 1960. Dès lors, chaque 22 septembre, le pays célèbre cet événement historique. A l’occasion de la célébration de celle de cette année, nous avons approché des citoyens. Ils nous livrent leurs impressions.

 

M. Mahamadou Niafo, enseignant à la retraite

A partir de 1960, il y a eu effectivement l’indépendance. Il y a des jeunes qui ne savent pas qu’on n’est pas parti faire la guerre mondiale pour avoir l’indépendance. Les pays qui ont eu l’indépendance en 1960 n’ont pas fait la guerre pour avoir l’indépendance. Quand ils ont eu leur indépendance, surtout Modibo, il a pris toutes ses précautions pour préparer son indépendance totale, c’est-à-dire l’indépendance politique, en même que l’indépendance économique. Depuis qu’il a eu l’indépendance de son pays, il s’est attelé carrément pour faire un changement radical. Donc, il a changé la monnaie. Il a vu qu’il n’avait pas d’armée ; donc il a reconstitué l’armée. Le Général Abdoulaye Soumaré était en France. Modibo l’a fait venir pour reconstituer l’armée malienne. Il a dit qu’il n’a plus besoin de l’armée française. Il y avait des pilotes français ; il a dit qu’il n’a plus besoin des pilotes français  ; qu’il va constituer des pilotes maliens. Il a pris des gens ici qu’il a envoyés en Russie pour être formés, pour être des pilotes. Il a aussi changé l’économie parce qu’il était dépendant des blancs et puis il a créé des usines pour que le pays puisse se développer. C’est comme ça qu’il a fait partir les blancs. Partout où il a regardé et vu que ça ne va pas, il a mis de l’ordre. Dans l’éducation, il a vu qu’il n’y a pas suffisamment d’enseignants. Les gens qui ont été recrutés le 6 août, on les appelle les 6 aoûtards. Ils ont été recrutés tout juste pour sauver l’éducation  : des menuisiers, des infirmiers… Donc, il a réformé l’enseignement avec ces gens-là. Il n’avait pas des maitres du second cycle. Mais ils ont pris les maitres du premier cycle pour les envoyer aux Etats-Unis et un peu partout, pour apprendre l’anglais et, après leur formation, ils sont revenus enseigner l’anglais. Il a refusé de donner la main à la France pour donner sa main à la Russie et à la Chine. Modibo n’a pas blagué avec le matériel parce que le matériel c’est ça l’armée. Quand Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire a vu les armements qu’il a achetés, il a demandé à Modibo pourquoi lui a fait venir tout ça, il a demandé si Modibo va en guerre. Modibo a répondu  : “quand tu es en paix, tu prépares la guerre’’. Ce qui manque actuellement, c’est le mouvement pionnier parce que nous on a fait le mouvement pionnier. A 10 ans, on a commencé. On apprend le civisme, l’éducation civique et morale. C’est ce qui a disparu aujourd’hui ; les enfants sont délaissés comme ça. Donc, c’est autour de mouvement pionnier qu’on arrive à former la jeunesse. Il y avait les investissements humains. Par exemple, quand on a besoin de construire des maisons pour l’Etat, on faisait venir les gens. Modibo a mis tout en œuvre pour transformer l’économie. Il tenait à ce que le pays soit devant.

 

Korotoumou Bengaly, Ménagère

La question de l’évolution du Mali est une interrogation délicate. Selon mon analyse, aujourd’hui, notre pays est à un moment décisif de son évolution. Les dirigeants politiques semblent avoir perdu de vue l’histoire des hommes qui ont fait de cette terre un chantier battu. De son accession à l’indépendance jusqu’à la chute de Moussa Traoré, le Mali fut non seulement une nation qui servait d’exemple pour toutes les sous-régions par son courage, son intelligence, son patriotisme et enfin le sens de responsabilité de ces citoyens, mais aussi approvisionnait les autres pays en cadres compétents et intègres. En fait, à cette époque, toutes ces qualités faisaient la fierté du citoyen malien et de ses dirigeants. Tandis que, de nos jours, le Mali est devenu l’un des pays où la corruption foisonne, au point qu’elle a affecté tous les piliers de la République. Le constat est amer, au regard des performances historiques de notre pays, sur tous les plans. J’aurais mieux aimé revivre ce moment de vive émotion et d’agitation, dans un seul but  : la consécration de la personnalité du malien d’antan.

 

Abdou Sidibé, commerçant

Aujourd’hui, à force de vivre dans l’indignation, dans la malhonnêteté et dans la corruption, je pense à revenir à l’époque de la dictature. Les maliens méprisaient ce régime mais en réalité, il avait fait ses preuves au temps de Moussa Traoré, qui est au ciel. Aucun agent de l’Etat n’avait le courage de détourner, ou même de dilapider un centime du trésor public. Et l’autorité était respectée par chacun des citoyens maliens. Mais, à l’avènement de la démocratie, la vie de notre pays a complètement changé. De nouvelles normes ont surgi. Du coup, les valeurs humaines sont devenues le cadet des soucis des élites politiques. En outre, ce comportement a plongé notre pays dans le plus grand abîme de son existence  : l’influence de la justice n’a plus d’impact sur les citoyens. Ainsi, cette personnalité du malien est devenue un souvenir lointain auquel nous pensons constamment. En dépit des pressions des autorités militaires, la réputation de notre pays nourrissait d’espoir le cœur de la population  ; et il y avait aussi l’abondance des denrées alimentaires à des prix socialement acceptables.

|SEYDOU FANÉ |LASSINE SIDIBÉ



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