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Société

ECOLE: Les recettes de l’UNTM pour apaiser l’école




Tirant les enseignements de ses tournées de prise de contact avec sa base (de Kayes à Gao), le bureau exécutif de l’Union national des travailleurs du Mali (UNTM) a récemment saisi la Primature (à la date du 12 mai 2020) pour porter à son attention «les préoccupations affirmées avec force» en vue certainement du prochain round de négociation entre le gouvernement et la centrale syndicale. Il s’agit notamment de l’implication de l’Untm dans la résolution de la crise scolaire que d’aucuns ont qualifié «d’agression du droit à l’Education des enfants et des jeunes» ; la persistance des violations de la liberté syndicale ; et la prise en main, pour un fonctionnement heureux, de certaines unités de production SAER à Kayes et Farako à Sikasso.

Pour ce qui est du premier point, les militants à la base de l’UNTM ont mis l’accent sur la nécessité de «développer les ressources humaines pour les rendre aptes à dompter le savoir, le savoir-faire et le savoir-être». Autrement, ils ont insisté sur l’urgence «d’élever l’éducation au rang de condition préalable à toutes les constructions de l’homme, de la famille, de la cité ; du progrès économique, social et culturel».

«Si être enseignant, c’est jouer le rôle de transmetteur des savoirs ci-dessus énumérés ; d’être le catalyseur  d’un esprit patriotique, civique… Bref, d’être un élément responsable de la société doté d’une conscience professionnelle, de la solidarité de génération dans les œuvres communes de fabrication de qualité de la vie, de bien-être pour tous ; alors il n’est pas admissible, il n’est pas possible d’observer le divorce enseignant-école», a plaidé la centrale syndicale dans la correspondance adressée au chef du gouvernement. Et, a-t-elle rappelé, «la condition de l’école est intimement liée à celle des enseignants».

Ainsi, pour une solution pérenne à la crise scolaire, le B.E de l’Untm est disposé à permettre au gouvernement de ne pas «passer brutalement» sur les fruits d’une «lutte syndicale» et contenues dans les statuts particuliers autonomes ou catégoriels. «Cela suppose accepter l’existence de disparités entre les fonctionnaires, même à égalité de diplômes, compétence et valeur du travail», a indiqué l’Untm. Son bureau exécutif est d’accord pour ce principe, mais à condition que «les écarts de condition n’altèrent pas l’égalité de chances».

Autrement, est-il précisé dans la correspondance, le BE autorise «le Snec, ou tout autre syndicat de l’enseignement, à entamer des négociations avec le gouvernement pour l’application raisonnable de l’Article 39. De même, pour évite toute frustration, il exhorte le gouvernement à étendre les résultats de ces négociations à toutes les catégories concernées ayant des dispositions similaires dans leurs statuts respectifs».

Le souhait de l’Untm, est que 2021 soit  «l’année d’une égalisation des grilles comme arrêté aussi par le Dialogue national inclusif». Et pour cela, a indiqué la très influente centrale syndicale, «les catégories concernées aspirent au statut de fonctionnaires d’Etat qui a alors sa grille, ses règles de disciplines…».

Et de conclure ce premier point des préoccupations fortement exprimées par sa base, en rappelant que sur l’Ecole, les enseignants et l’Article 39, «notre affilié Snec a soumis des propositions  que nous vous avons communiquées. Libre au gouvernement d’appeler qui il voudra pour négocier des accords par rapport à l’Article 39 ; des accords dont la longévité ne saurait dépasser 2021 et l’indice plafond de 1200».

Ce qui rejoint en quelque sorte notre proposition de sacrifier le reste de l’année afin d’ouvrir une très large concertation pour trouver des solutions pérennes à la crise de l’Education, notamment négocier un mémorandum pouvant conduire à un moratoire sur les revendications syndicale sur 5 ou 10 ans.

Moussa Bolly

 



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