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Politique

Dieu fasse que 1991 soit révolu !




Dieu Miséricordieux ! La spirale du chaos et la logique de l’extrême ont pris le dessus sur toute autre considération. Partout, horreur ! Certains manifestants qui se laissent aller à des pillages inadmissibles. Puis un Exécutif qui, par ses tergiversations, ses fautes et ses erreurs d’analyse, a laissé s’ouvrir la boîte de Pandore. Dieu ! Apporte au Mali l’apaisement et la concorde ! Amen !

Dieu nous en préserve ! Cependant c’est la question qu’il faut à présent se poser. Le Mali de 2020, ou plutôt le peu qu’il en reste, a-t-il inexorablement glissé vers un embrasement social similaire à celui de 1991 ? Tout incite à le craindre. Tout concourt à l’envisager. Il ne s’agit plus d’un scénario du probable. Las ! Un 91 bis est bel et bien dans le champ du possible, maintenant.

Depuis le vendredi 10 juillet, les scènes de chaos enregistrées à Bamako, la frénésie qui s’est emparée de Sikasso, l’éboulement de colèreà Kayes ; portent (hélas !) à croire que la crise que nous vivons peut aller vers le point de non-retour.

Dans la foulée du rassemblement du M5-RFP du 10 juillet, des centaines de manifestants, comme transcendés par la volonté de démanteler un système qu’ils honnissent, ont investi plusieurs bâtiments publics. Bien sûr, les actes de pillage et la furie du vandalisme qui s’en sont suivis, sont à condamner avec la plus vive énergie. En aucune manière, le rejet d’un régime, si incompétent soit-il, ne doit servir à nourrir des desseins de pillage. La mise à sac des bâtiments publics ainsi que des biens des particuliers est un acte que rien ne peut justifier ni excuser.

Dans le même ordre, les tirs de balles sur les manifestants qui se sont produits à Badalabougou sont tout aussi inacceptables. Car, le samedi 11 juillet, selon des informations fiables, des éléments des forces de l’ordre (cagoulés et en tenue bleue de nuit) ont clairement ouvert le feu sur une foule réunie.Le bilan est lourd. Des morts et plusieurs blessés graves.

Cet acte est assimilable à une honteuse démarche du « tout répressif » qui annihile l’héritage démocratique de notre pays. Alors même que moult moyens conventionnels de maintien de l’ordre et/ou de dispersion des foules existent, comment a-t-on osé tirer par balles sur les Maliens ? Qui, au sommet de l’Etat, a donné l’ordre de faire feu sur les citoyens ? La question ne doit pas rester sans réponses. Les donneurs de cet ordre qui nous ramène aux démons d’un Etat policier, doivent eux aussi rendre des comptes.

Les événements en cours signent d’une encre de sang le certificat de divorce entre IBK et une large partie de son peuple. En multipliant les réponses incongrues, les sorties ratées, les postures contre-productives, les lenteurs ; IBK voit la béance de la distanciation sociale augmenter entre lui et des millions de Maliens. Le Chef de l’Etat mesure aussi combien la division s’est installée au cœur de la nation.

Comme en 91, les mouvements de désobéissance civile et les affrontements meurtriers à répétition ne servent les intérêts de personne. Ils n’apportent que drames et désolation. C’est pourquoi, IBK ne doit pas persister dans l’erreur d’ignorer les enseignements de l’histoire. Ces décisions d’apaisement trop tardives, qui interviennent trop souvent lorsque l’irréparable est commis, doivent aller à une cadence accélérée.

Après son allocution de la nuit du 11 juillet, où il s’est enfin résolu à « abroger le décret de nomination des membres de la Cour constitutionnelle », les Maliens ont généralement dégagé le sentiment que le Président « était le premier responsable du désordre social parce qu’il avait laissé trop de semaines précieuses s’écouler sans sceller le sort de la Cour. » « A trop laisser stagner la situation de la Cour, IBK, affirment des Maliens, a laissé les choses pourrir et la tempête se lever. »

L’autre pensée des Maliens est qu’en laissant en suspens le dossier de l’Assemblée nationale, le discours présidentiel ne contribue que très faiblement à faire baisser le thermomètre de la colère. Au regard de cela, IBK doit avoir l’inspiration de comprendre deux choses. La première est de ne ni sous-traiter ni différer davantage la question des députés.

La deuxième est de ne pas s’engager dans l’impasse du « tout répressif » et des arrestations en vrac. Car, c’est une vérité que nul ne peut nier, les leaders du M5-RFP portent les frustrations, les courroux et les aspirations d’un immense éventail de Maliens. Feindre d’ignorer ce constat objectif alors qu’on n’applique pas la même rigueur aux responsables des mouvements armés du nord, c’est donner l’impression du deux poids deux mesures.

Le Mali est en train de s’effondrer. Si, après 91, notre pays a pu se relever ; rien, cette fois-ci, ne garantit qu’il y aura un demain possible pour nous.

Mais, Dieu est omnipotent. Prions pour qu’il nous assiste tous, et qu’il nous montre la voie de la paix en ces moments si terribles.

Mohamed Meba TEMBELY

EVENEMENTS DU 10 JILLET

 

Le jeune opérateur économique Sadio Bathily victime

Suite aux évènements du 10 juillet, des jeunes de Sogoniko ont  saccagé les installations en chantier de l’opérateur économique avec des dégâts importants. 

 

Le citoyen Sadio Bathily non moins jeune opérateur économique (PDG de la Société Baraka Petroleum), est l’une des victimes collatérales des violentes manifestations du 10 juillet 2020  à l’appel du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP). Faisant exécution à un plan, apparemment ‘’prémédité’’ et savamment ficelé, des jeunes du quartier de Sogoniko, donc loin du théâtre des opérations des événements du jour, ont saccagé ses installations en chantier situées sur la voie express en face du rond-point de la Cité Unicef avec des dégâts importants. Des conteneurs contenant des tonnes de ciment et d’autres matériels de construction (fer et bois) dont la valeur est estimée à plusieurs millions de nos francs, ont été emportés par les manifestants.

Si ce n’est un règlement de compte, pourquoi s’attaquer aux biens immeubles et meubles des personnes privées dans un contexte de revendications sociales et politiques publiques ? Dans tous les cas, Sadio Bathily a fait un constat d’huissier samedi 11 juillet dernier et s’apprête à porter plainte devant le tribunal de Grande instance de la commune VI du District de Bamako contre des jeunes formellement identifiés en plus d’une première déjà pendante auprès de la même juridiction. Encore, le nom du 2ème Adjoint au Maire de la Commune VI, Baba Sanou pour avoir manipulé les jeunes. Et bientôt, il pourra répondre devant la justice.

 

Alors, que justice soit faite et le droit dit dans l’affaire de la plainte que s’apprête à introduire Sadio Bathily contre des jeunes de Sogoniko suite au saccage par ceux-ci des travaux qu’il a entrepris sur sa parcelle sur l’avenue de l’OUA.

Les faits : Le vendredi 10 juillet 2020, le mouvement politique dénommé Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) a organisé, comme à ses habitudes, un rassemblement populaire sur le Boulevard de l’Indépendance. En concluant le meeting, les responsables du Mouvement ont appelé à la désobéissance civile tout en indiquant des points, édifices, services publics et institutions de la République à occuper. Entre autres on peut citer le pont des martyrs et le pont Fahd, la Primature, l’Assemblée nationale, l’ORTM. Mais, en aucun moment, ils n’ont ordonné de prendre aux biens privés, ni aux personnes physiques, ni même de saccager un quelconque lieu.

Ces jeunes seraient contre le jeune opérateur économique Sadio Bathily ? Une frange non représentative de la jeunesse de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako a trouvé dans cette initiative une aubaine à ne rater pour s’attaquer à l’opérateur économique dans un différent foncier qui opposait l’Etat à Sadio. Ils  auraient alors sans doute ourdi un complot à exécuter le jour J. D’autant plus que, pendant que les casses, pillages, incendies et autres actes de vandalisme se passaient en ville, des jeunes mal intentionnés de Sogoniko ont fait circuler l’information qu’il y a un chantier appartenant à Karim Kéïta, le fils du président IBK, dans leur quartier. Alors qu’en réalité, ce jeune opérateur économique qui participe au développement du pays en payant ses impôts et taxes, n’a aucun lien avec le fils du Président de la République. 

Aujourd’hui, la construction de Sadio Bathily, indexée par les meneurs, est défaite et le matériel mis à sac. Le chantier, qui prenait corps, n’est aujourd’hui que ruine et désolation.

Heureusement pour le propriétaire que les meneurs du saccage sont formellement identifiés et un nom mis sur chaque visage. Contre ces présumés bandits, Sadio Bathily est en passe de porter plainte dès ce lundi ou jour suivant devant le tribunal de Grande instance de la commune VI du District de Bamako, territorialement compétent. Pour ce faire, la victime a mis tous les atouts de son côté en procédant déjà à un constat d’huissier.

Si nous parlons d’acte prémédité sur fond de règlement de compte, c’est parce qu’il existe un contentieux entre Sadio Bathily et des jeunes de Sogoniko manipulés par des tireurs de ficelle tapis sous l’ombre.  Un Maire de la Commune VI serait à la base.

Comment comprendre qu’un responsable peut accorder une autorisation de construction à un citoyen et procéder à l’annulation en l’espace d’un mois. Heureusement que Sadio Bathily dispose aujourd’hui de tous les documents en bonne et dus forme pour continuer ses travaux. 

Et pourtant, en bon patriote et connaissant les réalités sociales et locales, avant de commencer les travaux sur sa parcelle, Sadio a signé avec la Jeunesse de Sogoniko un Protocole d’accord transactionnel par lequel il s’engage à réaliser les travaux et les équipements suivants : la réalisation de 02 forages, le pavage du pourtour de la mosquée et l’acquisition d’un groupe électrogène pour l’ASACOSO. Il a déjà honoré sa part.

De leur côté, les jeunes se sont engagés «à mettre en œuvre tous moyens pour mettre fin définitivement au litige en dissuadant la population de Sogoniko de mener toute action de démolition, de sabotage et judiciaire contre les réalisations effectuées par monsieur Bathily sur l’espace querellé… » 

Aujourd’hui, des jeunes manipulés qui avaient voulu mettre en cause ce protocole en s’attaquant aux travaux entrepris ont vu deux d’entre eux restés en jugement.

Les événements du 10 juillet sont intervenus dans ce contexte. Purement politique et de portée nationale, ils ne devraient en aucun cas engendrer des saccages de biens privés. Aussi bien l’Etat que les leaders des manifestations sociopolitiques doivent y veiller.

En tout cas, l’Etat doit veiller pour la protection des biens de paisibles citoyens qui se soucient au développement de leur pays et ils participent dans le cadre de la lutte contre le chômage.

Notons que des multinationales comme Total, Shell ou encore Oryx ont été victimes aussi de la manifestation du vendredi dernier. Beaucoup de leurs stations ont été saccagés par des jeunes malintentionnés. Ce qui a causé beaucoup de dégâts importants. Ce qui un signe de découragement pour les investisseurs étrangers. Il est vraiment temps que l’Etat prenne ses responsabilités afin de punir les fautifs et soutenir les victimes de cette manifestation du 10 juillet.

M. Diarra

 

 

LES FLECHES D’IBK A L’ENDROIT DU POUVOIR JUDICIAIRE 

Les magistrats montrent les dents !

Le Président IBK a mis le pied dans la grande fourmilière des syndicats des magistrats maliens qu’il pointe du doigt comme étant responsables de « l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes ». Face à ce discours du Président de la République qui ressemble à une accusation, les deux syndicats des magistrats ont rompu le silence.

Dans son discours à la Nation du mercredi 08 juillet, IBK s’est attiré la colère du pouvoir judiciaire malien, en appelant à une «saine distribution de la justice dans toutes les juridictions». Et cela, en faisant référence aux contestations nées de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle lors des législatives. En voulant désavouer Manassa Danioko et ses autres collègues de la Cour constitutionnelle, le Président a élargi le problème à tous les membres du pouvoir judiciaire malien.  «Nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec ses tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures», a dit le Président dans son adresse à la nation sur la crise sociopolitique.

Ces propos du Chef de l’Etat sont restés en travers de la gorge des deux syndicats de magistrats dont les militants se battent dans des conditions précaires pour une justice équitable au Mali. Dans un communiqué conjoint, le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) disent avoir «suivi avec déchirement» le discours à la Nation d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Dans ce communiqué, les magistrats rappellent à l’ordre le Président IBK et lui signalent que le Mali est «l’un des rares pays au monde à n’accorder que moins d’un pour cent de son budget au secteur de la justice». Comme pour dire que la justice est à l’image de sa politique.

Par ailleurs, le SAM et le SYLIMA rappellent que les magistrats maliens travaillent dans des «conditions inhumaines et dégradantes», et vivent dans une précarité «criante soigneusement entretenue». «La Justice a besoin de moyens, pas de mépris dans sa souffrance», indique le communiqué des deux syndicats des magistrats qui demandent la levée de « nombreux obstacles dressés devant la justice».

Pour le SAM et le SYLIMA, l’attitude du Président IBK à faire passer la justice comme l’incarnation de la corruption au Mali est une «diversion qui ne saurait convaincre». «Pas un seul juge n’a été épinglé pour des faits d’atteinte aux biens publics par les nombreux rapports de vérification des structures de contrôle de la gestion des finances publiques», révèle ledit communiqué.

Mieux, les deux syndicats signalent au Président que seuls les politiques occupant certaines fonctions trouvent des ententes pour «entretenir et favoriser l’impunité» avec des privilèges et immunités au grand dam de l’intérêt général.

Du coup, les deux syndicats estiment que le Président de la République ferait mieux d’opérationnaliser la Haute Cour de Justice qui n’a jamais tenu de procès alors qu’elle ne manque pas de justiciables. «L’immunité parlementaire passe aujourd’hui pour une couverture, les demandes de levée de la mesure restant le plus souvent sans suite, ou sans suite favorable», dénoncent les syndicalistes qui risquent de regagner bientôt le front social pour aboutir à certaines de leurs anciennes revendications toujours rangées dans les tiroirs du gouvernement.

Youssouf Z KEITA

Le Président IBK a mis le pied dans la grande fourmilière des syndicats des magistrats maliens qu’il pointe du doigt comme étant responsables de « l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes ». Face à ce discours du Président de la République qui ressemble à une accusation, les deux syndicats des magistrats ont rompu le silence.

Dans son discours à la Nation du mercredi 08 juillet, IBK s’est attiré la colère du pouvoir judiciaire malien, en appelant à une «saine distribution de la justice dans toutes les juridictions». Et cela, en faisant référence aux contestations nées de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle lors des législatives. En voulant désavouer Manassa Danioko et ses autres collègues de la Cour constitutionnelle, le Président a élargi le problème à tous les membres du pouvoir judiciaire malien.  «Nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec ses tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures», a dit le Président dans son adresse à la nation sur la crise sociopolitique.

Ces propos du Chef de l’Etat sont restés en travers de la gorge des deux syndicats de magistrats dont les militants se battent dans des conditions précaires pour une justice équitable au Mali. Dans un communiqué conjoint, le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) disent avoir «suivi avec déchirement» le discours à la Nation d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Dans ce communiqué, les magistrats rappellent à l’ordre le Président IBK et lui signalent que le Mali est «l’un des rares pays au monde à n’accorder que moins d’un pour cent de son budget au secteur de la justice». Comme pour dire que la justice est à l’image de sa politique.

Par ailleurs, le SAM et le SYLIMA rappellent que les magistrats maliens travaillent dans des «conditions inhumaines et dégradantes», et vivent dans une précarité «criante soigneusement entretenue». «La Justice a besoin de moyens, pas de mépris dans sa souffrance», indique le communiqué des deux syndicats des magistrats qui demandent la levée de « nombreux obstacles dressés devant la justice».

Pour le SAM et le SYLIMA, l’attitude du Président IBK à faire passer la justice comme l’incarnation de la corruption au Mali est une «diversion qui ne saurait convaincre». «Pas un seul juge n’a été épinglé pour des faits d’atteinte aux biens publics par les nombreux rapports de vérification des structures de contrôle de la gestion des finances publiques», révèle ledit communiqué.

Mieux, les deux syndicats signalent au Président que seuls les politiques occupant certaines fonctions trouvent des ententes pour «entretenir et favoriser l’impunité» avec des privilèges et immunités au grand dam de l’intérêt général.

Du coup, les deux syndicats estiment que le Président de la République ferait mieux d’opérationnaliser la Haute Cour de Justice qui n’a jamais tenu de procès alors qu’elle ne manque pas de justiciables. «L’immunité parlementaire passe aujourd’hui pour une couverture, les demandes de levée de la mesure restant le plus souvent sans suite, ou sans suite favorable», dénoncent les syndicalistes qui risquent de regagner bientôt le front social pour aboutir à certaines de leurs anciennes revendications toujours rangées dans les tiroirs du gouvernement.

Youssouf Z KEITA

Le Président IBK a mis le pied dans la grande fourmilière des syndicats des magistrats maliens qu’il pointe du doigt comme étant responsables de « l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes ». Face à ce discours du Président de la République qui ressemble à une accusation, les deux syndicats des magistrats ont rompu le silence.

Dans son discours à la Nation du mercredi 08 juillet, IBK s’est attiré la colère du pouvoir judiciaire malien, en appelant à une «saine distribution de la justice dans toutes les juridictions». Et cela, en faisant référence aux contestations nées de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle lors des législatives. En voulant désavouer Manassa Danioko et ses autres collègues de la Cour constitutionnelle, le Président a élargi le problème à tous les membres du pouvoir judiciaire malien.  «Nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudos djihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec ses tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures», a dit le Président dans son adresse à la nation sur la crise sociopolitique.

Ces propos du Chef de l’Etat sont restés en travers de la gorge des deux syndicats de magistrats dont les militants se battent dans des conditions précaires pour une justice équitable au Mali. Dans un communiqué conjoint, le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) disent avoir «suivi avec déchirement» le discours à la Nation d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Dans ce communiqué, les magistrats rappellent à l’ordre le Président IBK et lui signalent que le Mali est «l’un des rares pays au monde à n’accorder que moins d’un pour cent de son budget au secteur de la justice». Comme pour dire que la justice est à l’image de sa politique.

Par ailleurs, le SAM et le SYLIMA rappellent que les magistrats maliens travaillent dans des «conditions inhumaines et dégradantes», et vivent dans une précarité «criante soigneusement entretenue». «La Justice a besoin de moyens, pas de mépris dans sa souffrance», indique le communiqué des deux syndicats des magistrats qui demandent la levée de « nombreux obstacles dressés devant la justice».

Pour le SAM et le SYLIMA, l’attitude du Président IBK à faire passer la justice comme l’incarnation de la corruption au Mali est une «diversion qui ne saurait convaincre». «Pas un seul juge n’a été épinglé pour des faits d’atteinte aux biens publics par les nombreux rapports de vérification des structures de contrôle de la gestion des finances publiques», révèle ledit communiqué.

Mieux, les deux syndicats signalent au Président que seuls les politiques occupant certaines fonctions trouvent des ententes pour «entretenir et favoriser l’impunité» avec des privilèges et immunités au grand dam de l’intérêt général.

Du coup, les deux syndicats estiment que le Président de la République ferait mieux d’opérationnaliser la Haute Cour de Justice qui n’a jamais tenu de procès alors qu’elle ne manque pas de justiciables. «L’immunité parlementaire passe aujourd’hui pour une couverture, les demandes de levée de la mesure restant le plus souvent sans suite, ou sans suite favorable», dénoncent les syndicalistes qui risquent de regagner bientôt le front social pour aboutir à certaines de leurs anciennes revendications toujours rangées dans les tiroirs du gouvernement.

Youssouf Z KEITA

MANIFESTATION DU 10 JUILLET

 Une nouvelle sortie des femmes réclamant la démission du Président IBK

 

Tout comme le 5 et le 19 juin dernier, les femmes sont encore sorties massivement pour réclamer la démission du Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar Keïta, le 10 juillet dernier, au boulevard de l’indépendance. Balai, spatule, louche en main, elles avaient pour slogan « IBK dégage ! ».Cette sortie massive s’inscrit dans le cadre de l’appel à manifester du M5-RFP qui, récemment, a échoué dans les négociations avec le Président de la République, suite à la crise socio-politique qui prévaut  actuellement

Ces femmes, pour la plupart, étaient des vieilles et avaient pour seul objectif la démission du Président. Depuis le 5 juin dernier, une série de manifestations se sont succédé à Bamako et dans certaines régions du pays. Elles étaient pour la plupart munies de balai, de spatule, de louche, etc.

Elles s’exprimaient à travers ces matériels et réclamaient le départ immédiat du Président de la République car, d’après elles, selon nos coutumes et traditions, la présence desdits matériels sur les lieux d’une manifestation n’est pas fortuite : ça a toujours fait effet.

Pour Rokia Touré, son balai en main signifie la fin pour ce régime : « balayage du pouvoir ».

En effet, les femmes exprimaient ainsi leur ras-le bol contre le chef de l’Etat qui, selon elles, gouverne le pays depuis 7 ans mais la situation socio-politique et économique  ne fait que se dégrader de jour en jour.

« Depuis 7 ans nos enfants, nos maris et nos frères meurent au front comme des animaux ; des innocents sont tués de façon arbitraire au centre. Vraiment nous en avons marre », a déclaré Awa Coulibaly.

Elle ajoute : « cela fait 2 années successives que nos enfants ne suivent pas les cours normalement ».

En plus de la démission du Président de la République, certaines d’entre elles décriaient l’implication du fils du Président, l’honorable Karim keita, dans toutes les affaires de l’Etat et le mensonge au sommet de l’Etat.

Notons qu’à la demande du M5-RFP, les manifestants se sont dirigés vers l’ORTM et l’Assemblée Nationale, occasionnant des actes de vandalisme sur ces bâtiments, et ont pris en otage le pont Fadh.

Maffenin DIARRA



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