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Société

DEMOLITION DES CONSTRUCTIONS ILLICITES DANS LA ZONE AEROPORTUAIRE Les opérations ont débuté hier




Le démarrage des opérations de démolition des constructions illicites dans la zone dite zone prioritaire de la zone aéroportuaire, est effectif depuis le jeudi 14 janvier 2021 et toutes les conditions sont réunies pour mener à bien cette mission. Trois ministres du gouvernement, le PDG des aéroports du Mali et le représentant du ministre de la justice, gardes des sceaux étaient sur le lieu.

C’est une démolition via un huissier, de toutes les constructions anarchiques sur la zone dite zone prioritaire de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, en application aux instructions données par le président de la Transition, colonel Bah Daw, ainsi que le Premier ministre.

Les forces de l’ordre étaient stationnées sur la route menant à l’aéroport, juste après le Parc d’Exposition de Bamako. Une opération de déguerpissement tant souhaitée par la population malienne et une frange de plus en plus importante des Maliens, mais redoutée par les propriétaires des constructions illicites. 

« Toutes les conditions légales et administrative sont réunies pour cette opération », renseigne un expert du domaine et des affaires foncières.

Soumaïla, Oumou et leurs quatre enfants ont longtemps hésité à partir. La petite famille a décidé in extremis d’assister impuissamment  à la démolition de leur maison, avec interdiction d’y intervenir.

« Nous avons tout ce qu’il faut pour cette maison, mais aujourd’hui c’est la truste réalité », raconte le fils, au moment de l’arrivée sur les lieux de la délégation.

Comme eux, de nombreuses personnes ont fui la zone à la hâte. « C’est la folie, c’est dire que nous avons été floués », se demande Yacouba, occupant. On aurait dit le début.. » Ensuite, c’est un septuagénaire qui fait irruption sur la scène au moment ou les trois ministres, et  le PDG des aéroports du Mali s’entretenaient avec la presse et crie le nom d’Allah :  « Y’a Allah…y a Allah… », avant d’être maîtrisé par les forces de l’ordre. Une autre scène loin de là. Des occupants refusaient  de quitter le lieu au moment ou un Buldozer se dirigeait sur la maison.

Tout s’est bien passé au moment où on quittait les lieux sans heurt. Pourtant sur le chemin, les lieux étaient pris d’assaut par des travailleurs dans une usine improvisée de savon, des garages et autres maraîchers. « Ma famille n’a pas attendue, j’avais pris le devant en quittant cette zone, j’ai acheté un grand site lorsque j’ai été indemnisé », rappelle un jardinier.

Terrorisée par les événements en cours, une maraîchère est partie dès qu’elle a pu. « Je fuis mais je viens pour mon jardin afin de payer mon petit loyer, en espérant un geste…», explique-t-elle.

Dans la zone pour la plus part, ce qu’il faut savoir. D’autres ont  hésité, puis ont fini par rester. Youssouf est gardien d’un  contenaire bourré de Ciments, l’un des premières cibles de la démolition. Il sait,  qu’il se passera ainsi. « Mais on n’a pas le choix », soupire-t-il. Ainsi planté le décor.

L’opération a débutée à 7h15 mais depuis 3 h du matin, les forces de l’ordre étaient sur le terrain.

« Pour éviter la fuite, les forces de l’ordre ont été informés sur place. Nous y serons jour et nuit », a expliqué  aux trois membres du gouvernement, au PDG des aéroports du Mali, au représentant du ministère de la justice et la forte délégation, le Coordinateur en charge de la mise en œuvre de l’opération en cours, colonel Seydou Kamissoko.

A l’en croire pour bien mener cette mission, toutes les forces sont utilisées avec 5 Bulldozers. Il s’agit de la police, de la gendarmerie et de la garde avec plus de 70 éléments par corps. « La police s’occupe des arrières de la zone, la gendarmerie des dispositions pour un éventuel danger et la garde contrôle les autres dispositifs y afférents », ajoute-t-il.

Le ministre des Affaires Foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dionké Diarra estime que cette opération est salutaire. « Il s’agit d’une zone qui est agressée et qui est un danger pour notre aéroport, notamment les vols internationaux qui sont menacés. L’opération concerne les zones illicites et illégales. L’opération qui commence par cette zone va continuer sur les zones de trouée Est et Ouest. Les opérations de recensement et d’évaluation sont en cours»

Une note du Conseiller Technique au ministre des Affaires Foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Modibo Poudiougou, montre que  depuis plus d’une dizaine d’année, l’Etat du Mali fait face à un incivisme criard et profond du fait de certains élus municipaux, d’agents de l’Etat et de certains citoyens. Le rapport de l’inspection des domaines et d’affaires foncières a mis en exergue l’ampleur et le caractère irrégulier des occupants. C’est ainsi que, le président de la Transition a réagi, par une lettre confidentielle no 073/PRM du 12 octobre 2020 en instruisant de procéder à la démolition des occupants illicites.

 Le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo dira que l’opération est celle où force doit rester à la loi. « Nous poursuivrons cette opération pour l’intérêt des populations. Les conséquences sont énormes, imaginer si on a les moyens de prendre le vol à Dakar pour aller aux USA. Je demande aux uns et aux autres y compris la presse a accompagné cette opération. Que la population sache que la lettre d’occupée ou le permis de construction ne peuvent annuler un décret. Il a été proposé de commencer par cette zone très proche de la piste de l’aéroport. Elle a une superficie de 1660 hectares. En 1995, l’Etat a fait une démolition dans la zone aéroportuaire. Les occupants d’alors ont été indemnisés », a précisé le ministre Dabo.

Pour le  ministre de la Sécurité et de la Protection civile, colonel Modibo Koné, dont les éléments sont mis en contribution, l’aéroport ne doit pas perdre son certificat. « Ce retrait, s’il intervenait priverait notre pays de vols internationaux et contraindrait comme l’a signalé mon collègue des transports, nos voyageurs à utiliser les aéroports des pays voisins et cela va avec les moyens. Pour mener à bien cette opération, j’ai demandé  aux différentes forces de l’ordre, des restrictions fermes et la courtoisie », indique-t-il.  

Le président directeur général des aéroports du Mali, colonel Lassina Togola a de son côté salué le professionnalisme des différentes forces de l’ordre. Selon lui, les occupations illicites ont atteint une telle ampleur que l’aéroport est menacé de retrait de sa licence par les autorités de l’aviation civile internationale.  « La zone atterrissage est la plus grave mais nous arriverons avec la Commission en charge  de superviser les opérations », confié-t-il à notre micro.

Cette campagne de démolition des constructions illicites se trouvant sur la zone dite zone prioritaire de la zone aéroportuaire inquiète les populations en générale et les occupants en particulier.  « Nous allons poursuivre sans parti pris et elle concerna toute la zone dans le sens verticale  comme horizontale », affirme le ministre Dabo.

Comme solutions proposées d’après la note, les services en charge de l’urbanisme avait déjà fait les constats administratifs sur l’irrégularité des occupations et les menaces qu’elles représentent pour l’aéroport. Le gouverneur du district selon cette note, a pris un ordre de démolition le 21 mars 2019. C’est ainsi qu’un programme de démolition des constructions illicites a été initié par les ministères en charge des Transports et des Domaines.

Une consultation a été organisée par l’ANAC à la suite de laquelle l’entreprise Africa Construction Corporation a été sélectionnée (ACC), pour la démolition effective des constructions illicites dans le secteur dite zone prioritaires pour un montant total de 320.888.628 FCFA.

A noter que la date du 28 mai 2020 avait été retenue pour la démolition des constructions illicites.

Toutefois à la veille de l’opération, l’ex Premier ministre Dr Boubou Cissé, par une instruction verbale a ordonné de surseoir à l’opération, ce qu’il confirmera par une lettre no 2020-0499/PM-CAB du 29 mai 2020. L’argument avancé était le « climat social assez tendu ». L’entreprise avait déjà engagée des frais pour un montant de 44.000.000 F CFA. Elle n’a toujours pas été désintéressée pour ce montant.

Depuis cette décision, il est constaté l’accélération des constructions nouvelles sur le site.

Comme recommandations toujours selon la note technique du Domaine, toutes les constructions édifiées en violation de la loi doivent être démolies. Une inaction du gouvernement sur ce dossier aura des conséquences lourdes avec l’amplification des occupations illicites surtout des domaines public et privé de l’Etat.

Comme quoi, aujourd’hui, le domaine aéroportuaire portant classement d’une parcelle de terrain à usage d’emprise aéroportuaire d’une superficie de 7194 hectares qui  fait l’objet d’occupations illicites, dont le financement est acquis, le procès-verbal de constat d’infraction est fait et ne reste que les occupants anarchiques de céder…simplement pour éviter que notre aéroport Président Modibo Keïta de Sénou ne perd pas sa licence.

A suivre donc

Boubacar Diakité Sarr

 

Encadré

CA/ADM : Une charge d'exploitation en hausse de 9%

L’aéroport du Mali (ADM), a tenu la semaine dernière la 60ème session ordinaire de son conseil d'administration.

Cette rencontre budgétaire était présidée par le Président directeur général des Aérports du Mali, le colonel Lassina Togola, en présence de l'ensemble des administrateurs.

Dans son discours d'ouverture de la session, le Colonel Lassina Togola a d'abord attiré l'attention des administrateurs sur l'impact négatif de la Covid-19 sur le secteur de l'aviation civile au Mali. C'est dans ce contexte que l’ADM a interrompu le trafic commercial du 19 mars au 25 juillet 2020.

Ainsi, le programme d'activités a été perturbé, et les objectifs ont été revus à la baisse, a-t-il signalé.

Toujours dans son allocution d'ouverture, le Président directeur général des Aérports du Mali a annoncé que le budget de l'année 2021 se présente comme suit : produit d'exploitation : 6 597 206 718 FCFA, soit une augmentation de 13% par rapport à l'estimation de réalisation au 31 décembre 2019, charge d'exploitation : 6 398 173 617 FCFA, soit une hausse de 09% par rapport à l'année dernière, investissements : 356 millions de FCFA, et un résultat d'exploitation prévisionnel : 199 030 101 FCFA.

Ces prévisions budgétaires devront permettre à Aéroports du Mali de relancer ses activités et créer les bonnes conditions pour un développement durable du secteur de l'aviation civile dans notre pays.

Avec la CCom du MTI

 



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