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Politique

CRISE SOCIOPOLITIQUE AU MALI « L'ultime solution reste la refondation de l'État post 1991 »




Suite à l’évolution de la crise sociopolitique, nous nous sommes entretenus avec Bréhima Mamadou Koné, politique. A travers cet entretien, il analyse et propose des pistes de solution. Pour le retour de la paix et de la stabilité au Mali, le politologue invite les Maliens et l

Les Echos : Quelle analyse faites-vous de l’actuelle crise sociopolitique ?

Bréhima Mamadou Koné : De façon globale, la sortie du mardi 11/08/2020 du M5-RFP est une démonstration de force à l'endroit du pouvoir et de la communication internationale. Ce meeting s'inscrit aussi dans le cadre de la désobéissance civile décrétée par le M5, depuis le 11 Juillet 2020, pour obtenir la démission du premier, et que justice soit rendue aux victimes des manifestations du 11-12-13 juillet. Cette 4eme sortie consécutive du M5-RFP, prouve qu'il y aurait des blocages au niveau de la médiation pour aboutir à un accord entre leur comité stratégique et le gouvernement. Les lignes n'ont pas bougé dans la médiation, c'est ce qui explique le retour du médiateur de la délégation de la CEDEAO au Mali, qui s'est rendu le 12 Août 2020, chez le cherif de Nioro. Cette démarche du médiateur de la CEDEAO, Jonathan auprès du Chérif, pourrait être une sorte de plaidoyer pour qu'il amène  l'Imam Dicko, la caution morale du mouvement à revoir sa position par rapport aux différentes revendications.

Les Echos : Selon vous, quelles sont les pistes de solution que vous préconisez pour la paix et la stabilité du pays ?

B.M.K : Le président de la République doit descendre sur l'arène politique pour discuter avec le M5-RFP sur des bases justes pour les solutions de sortie de crise. Former un gouvernement d'union nationale, avec une feuille de route pour s'attaquer aux enjeux sécuritaires et de développement socioéconomique du pays. Organiser une conférence nationale et souveraine dont les recommandations s'imposeront à tous les acteurs sociaux et politiques, pour aller vers la 4 ème République. Rendre justice aux victimes des manifestations du 11, 12, 13 juillet 2020.

Les Echos : Au-delà de la résolution de la crise actuelle, quel doit être l’apport des Maliens pour le réel développement du Mali ?

B. M.K : Tous les acteurs politiques, les organisations de la société, les ONG doivent œuvrer à la reconstruction de la citoyenneté, du dialogue, de la paix et de la reconstruction du pays, gage de stabilité socio-politique. L'ultime solution reste, la refondation de l'État post 1991, pour aller vers la 4 ème République, parce que le Mali, n'a pas seulement un problème d'homme mais un problème systémique. Autrement dit, notre modèle actuel de gouvernance ne répond plus aux aspirations et attentes du peuple. Il faut vite aller vers les réformes : constitutionnelles, administratives politiques, économiques, sociales, éducatives, culturelles, sécuritaire, judiciaire, sinon nous partirons de crises en crises au sommet de l'État sans solutions durables. Dans ce processus, il est du devoir régalien de l'État, de définir et de créer les conditions de participation des autres acteurs sociaux et politiques au sein des cadres de concertation dans une démarche inclusive, pour canaliser les frustrations et la contestation.

Entretien réalisé par Jacques Coulibaly

 



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