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Société

CRISE SCOLAIRE Les enseignants sur l’offensive !




Sur instruction des leaders syndicaux de l’éducation, les enseignants ont tenu une assemblée générale dans toutes les écoles. Il s’agissait, pour eux, de dénoncer la mauvaise foi du gouvernement pour l’application de l’article 39 de leur statut.

Très déterminés à aller jusqu’au bout de leur lutte, des centaines d’enseignants ont convergé sur les lieux de rassemblement indiqués à cet effet. Toutes les écoles étaient prises d’assaut, perturbant ainsi les cours dans les établissements publics. Dans une déclaration commune, les secrétaires généraux des divisions ont fait le compte rendu des différentes conciliations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. La reprise des négociations fait suite au déblocage des salaires des enseignants grévistes. Le terrain étant balisé, les négociations ont repris le 21 mai 2020 et se sont poursuivies jusqu’au 28 mai 2020. Mais malheureusement, les parties n’ont pas soufflé dans la même trompète.

Le gouvernement s’est dit prêt à appliquer la loi, de la République, notamment l’article 39, et, aux cours des négociations, il a proposé les indices suivants : 1150 en 2020 et 1200 en 2021. Ces propositions qui ont été rejetées en bloc par la partie syndicale. Ceux-ci estiment que ces propositions du gouvernement heurtent l’esprit de la loi.  Les syndicats de l’éducation ont proposé : d’abord, les indices plafonds 1272 en 2019  et 1387 en 2021 avec la possibilité d’envisager son application par échéances.  Ensuite, ils ont proposé d’échelonner  les indices  comme suit :1219 applicable à partir de juin 2020 avec,comme date de prise  d’effet,  janvier 2019 ;1272 applicable à partir de janvier 2021 avec, comme date de prise  d’effet, janvier 2019 ; 1387 applicable  à partir de décembre 2021 avec,comme date  de prise d’effet, janvier 2021.

Nouvellement élu au perchoir, l’honorable Moussa Timbiné a pris langue avec les enseignants dissidents, le vendredi 29 mai 2020. Bien vrai qu’il ne soit pas membre de la commission de conciliation, il a prouvé sa bonne foi à mettre un terme aux débrayages des enseignants. Dans sa volonté de résoudre cette crise scolaire qui a causé beaucoup de tort à notre système éducatif, il a fait des propositions plus conséquentes que les membres de la commission de conciliation. Pour trouver une solution définitive à cette énième crise scolaire, il a proposé 1200 à compter de janvier 2020 ;1272 à compter de janvier 2022 ;1387 à compter de juillet 2022. Cette proposition a été rejetée par les syndicats à l’issue de leur  réunion élargie du 02 juin 2020.  Avec cette main tendue du Président de l’Assemblée, les syndicats ont demandé plutôt une majoration sur les 1200 que celui-ci propose. Ainsi, ils  ont exigé 1240 en 2020.

 Toujours dans la  même dynamique, les représentants des confessions religieuses n’ont pas voulu s’assoir et regarder cette situation s’enliser davantage. C’est pourquoi ils ont rencontré les syndicats de l’éducation. Les échanges ont  porté naturellement sur l’application de l’article 39.

Selon le vice-président du HCIM, à la suite de leur dernière rencontre, ils ont échangé avec le Premier ministre qui les a assuré de sa volonté d’appliquer l’article 39 et de sa disponibilité à rencontrer les syndicats.

 Pour eux, il serait mieux d’organiser une rencontre entre les syndicats et le Premier ministre en leur présence. Cela permettra à chaque partie de dire sa part de vérité afin d’aller à une conclusion dans la mesure où  le Premier ministre se dit disposé à appliquer la loi.

Comme il fallait s’y attendre, les enseignants ont boycotté la reprise des cours dans les classes d’examen, le mardi dernier. Ils ont justifié cette attitude par le fait que le gouvernement refuse d’appliquer  l’article 39 de la Loi N°2018-007, le caractère discriminatoire de cette reprise des cours, en plus de l'extension de la propagation exponentielle duCovid 19.  En tout état de cause, l’arbre ne doit pas cacher la forêt ; la reprise des négociations doit être une priorité pour le gouvernement. Aucun sacrifice n’est de trop pour l’éducation des enfants.

 Ibrahim Sanogo dit Oliver



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