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Politique

CNSP: Pourquoi ne pas s’assumer ?




Les membres du Comité national pour le salut du peuple sont-ils dans une position ambiguë dans la gestion de la transition de notre pays ? Au regard du déroulement des évènements, c’est la question que l’on peut se poser. A ce jour, aucune option n’est à écarter.  

Laisser la situation s’enlisée ne profite à personne. Cela fait un mois, jour pour jour que le Mali n’a ni président, ni gouvernement. Depuis le départ prématuré d’IBK, les Maliens peinent à s’accorder sur les organes de la transition. Après les concertations nationales, les maliens demeurent toujours divisés sur la question essentielle. Selon les membres du Comité national pour le salut du peuple et une écrasante majorité de l’opinion nationale sont favorable à une transition dirigée par les militaires compte tenu de la crise de confiance qui s’est installée entre les politiques et la population. Fort de ce constat, les militaires sont-ils dans la dynamique de lâcher prise ?

A l’en croire, le Colonel Wagué, le collège qui est en train d’être mis en place, désignera le futur Président de la transition. Que les militaires s’assument, s’ils veulent conduire cette transition. Mais les conséquences seront très lourdes pour un pays déjà meurtri. Les Chefs d’état de la Cédéao ont déjà affiché leur position et sont intraitables sur la question. Le Mali est un pays continental n’ayant pas de débouché sur la mer ne pourra pas résister face aux sanctions de la Cédéao. Pire, le reste de la communauté internationale lui emboitera le pas. Ce qui sous attend que le peuple malien sera essoufflé dans ces conditions. Donc la raison doit prévaloir sur la passion.

Si le Comité national du salut du peuple maintient le flou sur sa position, il alimenterait le soupçon de peser sur sa motivation. Déjà le mouvement du 5 juin- rassemblement des forces patriotiques (M5- RFP), avait donné le ton au cours d’un point de presse. Les responsables du mouvement n’ont pas manqué de dire que les conclusions lues à la fin des travaux de la concertation nationale sur la transition sont en déphasage avec l’aspiration réelle du peuple malien. Ce mouvement de contestation à l'origine du départ d’IBK n’attend pas abdiquer. Mieux, ces leaders enfoncent le clou en indexant le Comité national pour le salut du peuple de vouloir confisquer le pouvoir.

En faisant une analyse objective de la situation, le Comité national pour le salut du peuple se trouve entre deux feux. D’un côté, ils font face à la pression de la Cédéao qui pèse sur la tête des maliens comme une épée de Damoclès. Depuis le Coup d’état ou démission selon les sensibilités qui a mis fin au régime d’IBK, les Chefs d’état de la Cédéao ne se sont pas fait prier pour appliquer les textes de l’organisation sous régionale. Malgré la colère de certains maliens qui estiment que le Mali est un Etat souverain, force est d’admettre qu’un pays seul ne peut rien sans l’accompagnement de la communauté internationale. Depuis l’instauration de l’embargo, toutes les activités sont au point mort. En dépit de ces facteurs énoncés, le mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques suit l’évolution de la situation comme la prunelle de leurs yeux. Entre deux maux, il faut quand même choisir un.

Les membres du Comité national pour le salut du peuple doivent désormais voir dans la bonne direction pour permettre au Mali de quitter cette impasse institutionnelle afin d’entamer une nouvelle page de son histoire. Quoi qu’il en soit, ayons le réflexe de sauver le peuple le Mali.

Ibrahim Sanogo dit Oliver



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