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BURKINA FASO Roch Marc Christian Kaboré, un président au bilan mitigé




Le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, doit être officiellement investi ce samedi 11 juillet candidat de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Elu en 2015, il brigue un nouveau mandat à l'élection présidentielle de novembre 2020. Mais son bilan reste mitigé, miné par la situation sécuritaire.

Premier président élu en 2015 avec 53,49% des voix - après la période de transition post-Compaoré - la présidence de Roch Marc Christian Kaboré avait suscité de grands espoirs de développement et de changement. Mais cinq ans après, le Burkina Faso, pays autrefois prisé des touristes, est devenu une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes.

Un président soutenu par son parti

En juin dernier, selon un sondage du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), une des rares enquêtes d'opinion au Burkina, 63% de la population n'est pas satisfaite des actions du président Kaboré.

Et pourtant, le MPP est uni derrière son chef, unique candidat à l'investiture. S'il n'y aura pas de grand rassemblement en raison de l'épidémie de coronavirus ce samdi 11 juillet, 3 000 membres du MPP se réuniront tout de même au Palais des sports de Ouagadougou.

"Notre objectif, c‘est de le faire élire au premier tour et avec un score plus confortable qu’en 2015. Nous voulons faire au-delà de 60%", explique le Secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo, à l'AFP. Même si "les défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de Covid-19 et d’autres facteurs ont influencé négativement la mise en œuvre du programme", reconnaît-il.

Les autres candidats

Ancien proche de Blaise Compaoré, chassé après 27 ans de pouvoir par une insurrection populaire en octobre 2014, le Président Kaboré devrait être opposé à de nombreux anciens du régime :
- l'ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo
- Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d'un parti allié à Compaoré,
- Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex-parti de Compaoré, exclu de l'élection de 2015.
- le chef de file de l'oppostion Zéphirin Diabré, deuxième de la présidentielle 2015,
- Tahirou Barry, un ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré
- ou encore le juriste Abdoulaye Soma.

 

Urgence humanitaire au Sahel

Avec 1 005 cas confirmés et 53 morts, selon le décompte de l'université John Hopkins ce 10 juillet, le Burkina Faso a été le premier pays subsaharien touché par la pandémie de Covid-19. Très tôt, les autorités burkinabées ont imposé un couvre-feu sur l’ensemble du territoire, l'état d’urgence sanitaire a été décrété, les rassemblements de plus de cinquante personnes interdits et les frontières fermées, tout comme les marchés, les écoles et les lieux de culte.

Mais la crise sanitaire exarcerbe une situation humanitaire déjà catastrophique, dans toute la bande sahélienne. En juin dernier, le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) a lancé un appel de fonds de 186 millions de dollars pour financer ses opérations au Sahel, région gagnée par le changement climatique, la sécheresse, les violences terroristes et interethniques.

 



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