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Politique

BAH N'DAW PRESIDENT DE LA TRANSITION "Le grand" est-il l’homme providentiel ?




Le Col Bah N'Daw, a été désigné Président de la transition du Mali. Le vice président est le Col Assimi Goita, président du Cnsp. Ils ont tous prêté serment le vendredi passé. Le duo de choc pourra-t-il conduire à bon port, en 18 mois, le bateau Mali ?

Le Président de la transition au Mali, le Col Bah N'Daw, est un militaire à la retraite. Son choix, par le Cnsp,  a été  accepté à l’unanimité par les Maliens. Dans son discours, après sa prestation de serment, il a convaincu plus d’un. « La maison commune est ébranlée, affaiblie, humiliée. Elle tremble dans ses fondements depuis au moins une décennie.

Oui, il ne faut pas avoir peur des mots : le Mali est ébranlé, piétiné, humilié. Ebranlé, Affaibli, humilié par ses propres enfants, par nous-mêmes, par personne d’autre que nous-mêmes », a dit le Grand.

C’est à ce type de discours que des Maliens s’attendaient : un discours de rigueur. Calme, mais plein d’énergie, l’homme avait besoin de rassurer les Maliens, qui attendent beaucoup de cette nouvelle ère ou ce nouveau point de départ.

Est-il l’homme de providence que des Maliens attendaient ? Pourtant, il faut faire beaucoup attention. Lors de son investiture en 2013, le Président IBK avait le même discours. Un des meilleurs discours qu’on peut avoir. Un discours programme. IBK, un homme de ‘’poigne’’, a été incapable d’honorer son discours, dans la pratique.

Le Grand est réputé être quelqu’un qui peut démissionner à tout moment. Démissionner, n’est pas forcément une qualité. Démissionner peut être également une faiblesse à s’imposer ou convaincre dans un groupe.

Espérons que  cela n’est pas le cas du Grand. Tout de même, il a la confiance du peuple, pour l’instant. Ce peuple l’attend essentiellement sur trois terrains : la sécurité, la corruption et les élections.

« ‘Une telle mission, je le sais, se mènera sur le socle de la guerre sans merci qu’il faudra continuer à livrer aux forces terroristes et au crime organisé. Ces fléaux accablent certaines parties du pays depuis plus d’une décennie. Leur sanctuaire s’élargit au détriment de la sécurité nationale. Les demi victoires ne suffisent plus pour les vaincre. Nous devons gagner totalement et durablement », a dit N’Daw.

Conscient de l’attente du peuple à propos de la corruption, il ajoutera : « Je ne peux pas promettre zéro corruption mais je ferai tout pour que l’impunité zéro soit la norme. L’argent public est sacré et je ferai en sorte qu’il soit dépensé de manière traçable et raisonnable. Avec tous les sacrifices que cela comporte, en termes de mesures systémiques et de répression des crimes et délits économiques.

Tous les dossiers d’enquêtes réalisées par nos structures de vérifications seront transférés aux juges, au besoin. Il m’appartiendra de garantir à la justice les moyens de diligenter leur traitement ». Enfin, sur le troisième sujet, il reste ferme : « au nom de la vérité des urnes qui doit être la seule norme en démocratie, je combattrai sans concession les scrutins aux coûts astronomiques, la fraude électorale, l’achat de voix, l’incursion de l’administration dans le processus électoral, la perversion des résultats pour les Cours d’arbitrage. »

C’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon. Le sentier est très vaste, avec beaucoup d’obstacles, aussi, il y a peu de travailleurs.  Avec un avis très favorable des maliens, le Grand a l’occasion de mettre les maliens au travail,  de respecter son serment, surtout de veiller à la justice sociale. Il a la carte blanche du peuple pour cela. Bonne chance le Grand, pour un Grand Mali.

LEVY DOUGNON

 



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